Octobre 2018

Sommes-nous arrivés au point d’inversion du cycle de croissance démarré en mars 2009 ?

 

C’est la question qui taraude les investisseurs, et qui explique en grande partie la mauvaise tenue des marchés en ce début de mois d’octobre, où les indices européens se rapprochent de leurs plus bas annuels. On savait que la fin du « Q.E. » de la Fed et sa remontée progressive et annoncée des taux directeurs, aurait un effet modérateur sur la croissance américaine, dopée par une réforme fiscale pro cyclique, alors que l’économie était déjà revenue au plein emploi depuis la fin du mandat d’Obama. Mais on n’avait pas prévu une remise en question si brutale des accords commerciaux multilatéraux et la remontée des tarifs douaniers, qui visait en priorité le déficit commercial US avec la Chine.

Certes, ce déficit justifiait une plus grande ouverture du marché chinois aux produits importés, et sûrement une meilleure protection des brevets, mais la méthode choisie par le président Trump présente l’inconvénient de n’être efficace qu’à moyen terme ; à court terme, elle renchérit le coût des produits vendus au consommateur américain, ce qui rajoute de la pression inflationniste, laquelle entraînera fatalement de nouvelles hausses des taux…Et quand les taux des T-bonds ont dépassé les 3 %, les marchés ont décrochés.

Pourtant si l’on prend un peu de recul, les prévisions ne sont pas si inquiétantes :

Le FMI vient de réviser de – 0,2 % ses prévisions de croissance mondiale pour 2018 et 2019, on ne serait plus qu’à…+ 3,7 %, ce qui reste encore historiquement très élevé, et la croissance chinoise reviendrait, toujours en 2019, à + 6,2 %.

Par ailleurs, lorsque s’est déclenchée la crise des subprimes en 2008, les taux directeurs US se situaient à 5,25 %, alors que nous n’en sommes qu’à 2-2,25 %, il reste donc de la marge !

D’autres motifs sont susceptibles de fragiliser les marchés, notamment la politique budgétaire suivie par la nouvelle coalition au pouvoir en Italie, et les négociations qui s’éternisent pour aboutir au « Brexit ».

Dans le premier cas, là encore la remontée des taux italiens, dont l’écart s’est creusé à plus de 300 points de base avec les bunds allemands, devrait calmer les ardeurs dépensières du gouvernement.

Quant au « Brexit », il était nécessaire que l’U.E. affiche une position ferme pour décourager toute nouvelle velléité de sortie éventuelle d’un autre membre, et cela a été clairement fait, mais maintenant il convient de revenir au pragmatisme, car le Royaume-Uni et l’Europe ont autant besoin l’un de l’autre, et on peut prévoir qu’in fine, même tardivement, on arrivera à un accord acceptable par tous.

Qu’en conclure pour l’investisseur ?

Tout d’abord, la remontée des taux n’est pas terminée aux Etats-Unis, et elle commence tout juste dans la zone Euro, il convient donc d’être particulièrement prudent pour tout investissement à taux fixe de type obligataire, surtout à long terme.

Quant aux actions, nous venons d’assister au grand retour de la volatilité, plus qu’à un retournement de tendance. En effet, historiquement la volatilité du CAC 40 se situe entre 15 et 20 %, or elle était tombée en début 2018 à moins de 10 %, niveau exceptionnellement bas.

Et tant qu’aucune grande économie ne rentre en récession, il n’y a pas de raison pour que les résultats des entreprises se détériorent. Simplement, il convient d’être plus sélectif à l’égard des sociétés trop endettées ou trop chèrement valorisées, eu égard à des prévisions de croissance devenues très optimistes.

Bonnes nouvelles pour les PEA

 La loi PACTE, qui devrait être définitivement adoptée, apporte des modifications majeures et beaucoup plus de souplesse dans le fonctionnement des PEA : désormais il sera possible de retirer des fonds d’un PEA de plus de 5 ans sans entraîner sa clôture, et un retrait d’un PEA de plus de huit ans ne bloquera plus de nouveaux versements. Inutile de préciser que le PEA devient un outil incontournable pour tout patrimoine qui accepte un minimum de risque, dès lors qu’il a été ouvert depuis plus de 5 ans.

Autre avancée, il devient maintenant possible d’ouvrir un PEA pour un enfant majeur rattaché fiscalement à ses parents, mais dont les versements sont limités à 25 000 €, sous réserve que le plafond de versement des PEA de ses parents ne soit pas dépassé après prise en compte de cette somme.

En conclusion, il devient urgent de prendre date et d’ouvrir un PEA pour tous ceux, et leurs enfants majeurs, qui ne l’ont pas déjà fait.

 

 



 

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