ÉDITORIAL — AUTOMNE / FIN 2026
Et si le danger venait du calme ?
Au terme d’une année 2026 marquée par un bruit médiatique assourdissant, l’observateur hâtif pourrait conclure à l’instabilité permanente. Guerre contre l’Iran et tensions persistantes au Moyen-Orient, guerre Russie/Ukraine, dettes souveraines sous haute pression, avec des taux 10 ans en forte hausse et une mention spéciale pour la France, l’un des plus mauvais élèves du monde occidental et déferlante de l’Intelligence Artificielle : le catalogue des inquiétudes n’a rarement été aussi bien garni. Pourtant, contre toute attente, les marchés actions ont poursuivi leur marche en avant, affichant une résilience déroutante qui confine presque à l'anesthésie. Seuls, les marchés obligataires sont en réelle baisse.
C'est précisément lorsque le marché s'habitue au pire qu'il convient de retrouver son esprit critique. Chez Financière Lamartine, nous refusons de céder aux récits simplistes — qu'ils soient catastrophistes ou aveuglément optimistes.
1. L'Intelligence Artificielle : du mythe de la croissance infinie au retour de la rentabilité
Le marché continue de ne jurer que par l'IA générative et l'explosion des besoins en infrastructures informatiques ou énergétiques. Mais la vérité de 2026 est plus nuancée : le temps des promesses et des valorisations extravagantes touche à sa fin pour laisser place à l'épreuve des faits. Si les investissements massifs dans les datacenters se poursuivent, l’écart se creuse désormais violemment entre les entreprises capables d'en extraire de la marge nette et celles qui accumulent de la dette pour financer des mirages technologiques. La véritable opportunité n'est plus chez les vendeurs de puces, mais chez les adoptants silencieux qui rationalisent leurs coûts.
Malgré cette sorte de retour à la maison, la révolution extraordinaire et fulgurante de l’IA va se poursuivre et nous devons persister à focaliser les investissements vers elle.
2. Géopolitique : l’accoutumance est un piège
Que ce soit sur le front ukrainien ou au Moyen-Orient, le paradoxe de 2026 réside dans
l'« usure » de la réaction des investisseurs. Les marchés ont fini par intégrer le risque géopolitique comme une simple variable d'ajustement, arbitrant la hausse du pétrole ou de l'or avant de passer à autre chose. C'est une erreur de lecture : la fragmentation du commerce mondial et le protectionnisme croissant ne sont pas des événements ponctuels, mais des mouvements structurels. L'illusion d'une mondialisation fluide appartient au passé, et la souveraineté industrielle et énergétique n'est plus une option, mais un impératif de gestion. Le point essentiel reste le prix du baril. Si la guerre Russie Ukraine prend fin, nul doute que pétrole et gaz vont baisser et marchés vivement remonter.
3. La dette française : le déni collectif
Alors que la dette publique française franchit des seuils historiques et que la charge d'intérêts devient le premier poste de dépense de l'État, les marchés continuent de prêter à la France à des conditions relativement indulgentes. Néanmoins depuis un mois le spread France Allemagne a bondi. 150 points de base c’est un niveau dangereux.
Ce confort trompeur masque un risque majeur pour l'épargnant : la répression financière sous toutes ses formes. À défaut de pouvoir couper brutalement dans ses dépenses en changeant enfin le fameux modèle social qui nous met en faillite et en s’attaquant aux mammouths de la réglementation et de l'éducation nationale, l'État cherchera inévitablement à capter la liquidité privée par la fiscalité et le fléchage forcé de l'épargne. Ignorer ce risque dans la structuration de son patrimoine relève du déni.
Notre conviction pour votre patrimoine
Face à ce paysage contrasté, céder à la panique ou se laisser porter par l'euphorie ambiante sont deux pièges jumeaux. La vraie gestion de conviction consiste à acheter de la visibilité là où le marché ne voit que du bruit, et à se préserver des certitudes trop partagées.
- Ne pas croire que c’est la fin de la tech : ne pas oublier que la tech absorbe toute la valeur du monde et tous les capitaux. Néanmoins, oser regarder les acteurs capables d'afficher un free cash-flow solide plutôt que les simples narratifs de croissance liés à l'IA.
- Protéger son capital face au risque souverain : Diversifier géographiquement les actifs et privilégier la diversification des actifs. Pour ce qui nous concerne, les valeurs cotées et les trackers permettent d’investir hors de France voire hors d’Europe. C’est la beauté de la bourse.
- Garder des munitions : Conserver une poche de liquidité stratégique pour saisir les opportunités d'arbitrage qu'offriront les inévitables soubresauts de volatilité à venir.
Plus que jamais, piloter son patrimoine exige du recul, du sang-froid et une pincée de scepticisme constructif. Toute l'équipe de Financière Lamartine reste à vos côtés pour aborder la fin d'année 2026 et préparer 2027 avec sérénité et exigence.
L'Équipe de la Financière Lamartine